Mwene-Ditu : Le chef du CMR et le policier « Yuda » interpellés après le scandale des sardines

La justice s'est saisie de l'affaire qui secoue la ville de Mwene-Ditu depuis une semaine. Maître Godefroid Mukenga, chef du Centre de Maximisation des Recettes (CMR), ainsi qu'un agent de la police nationale surnommé « Yuda », ont été placés en détention entre vendredi et samedi.

Une audition suivie d'un mandat d'arrêt

L'arrestation du chef de centre a été confirmée par son conseil, Maître Benoît Tshibangu. Bien que le Parquet garde pour l'instant le silence sur les chefs d'accusation précis, la chronologie des faits est claire :

  • Audition : Vendredi à 12h00.

  • Incarcération : Vendredi à 15h00.

  • Statut actuel : Les deux prévenus sont en attente de la décision du procureur sur leur maintien en détention ou leur mise en liberté provisoire.

La « vidéo de la discorde » au cœur de l'enquête

Tout porte à croire que ce coup de filet est la conséquence directe d'une vidéo publiée le 23 janvier dernier, devenue virale sur WhatsApp. Dans ce document, le policier Yuda s'insurgeait contre la médiocrité des gratifications de fin d'année accordées aux forces de l'ordre à Lomami.

Le contenu du témoignage : Le policier y exhibait un kit dérisoire composé de :

  • Deux boîtes de sardines

  • Un sac de riz (Meka)

  • Un litre d'huile végétale

Dans son intervention, il interpellait directement les autorités et la "Maman Denise" (référence à la Première Dame), se demandant si les policiers de Lomami étaient des agents de l'État ou des serviteurs d'un "chef coutumier" tant le traitement lui semblait indigne.

Suspicion de détournement ou atteinte à la discipline ?

L'arrestation de Maître Godefroid Mukenga (CMR) suggère que la justice cherche à remonter la chaîne de distribution de ces vivres. Deux hypothèses se dessinent :

  1. Détournement de fonds/biens : Les fonds alloués pour les festivités étaient-ils plus importants que ce qui a été distribué ?

  2. Manquement au devoir de réserve : Pour le policier Yuda, l'accusation pourrait porter sur l'atteinte à la discipline militaire et le mépris de la hiérarchie via les médias sociaux.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la puissance des réseaux sociaux comme outil de dénonciation, mais aussi les risques encourus par les agents de l'État lorsqu'ils brisent le silence sur leurs conditions de vie.

Dossier à suivre...

Gilbert Kabongo

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