Dialogue National : L’ENVOL de Delly Sesanga fustige la méthode de Félix Tshisekedi

Le paysage politique congolais se crispe davantage. Alors que le Chef de l’État a récemment ouvert la porte à un dialogue national assorti de "lignes rouges", le parti ENVOL, dirigé par Delly Sesanga, a publié un communiqué cinglant ce mardi. Pour ce parti de l'opposition, l'initiative présidentielle, telle que présentée, manque de sincérité et de base démocratique.

1. Une "crise de confiance" qui invalide l'unilatéralisme

L’ENVOL estime que le pays traverse une zone de turbulences trop profonde pour que les règles du jeu soient dictées par un seul camp. Le parti pointe du doigt :

  • L'affaiblissement des institutions : Un crédit institutionnel au plus bas.

  • La fracture sociale : Des tensions de plus en plus vives au sein de la population.

  • L'urgence humanitaire : Une situation sécuritaire à l'Est qui exige plus qu'un simple exercice de communication.

2. Le rejet des "conditions préalables"

Le point de friction majeur réside dans les conditions fixées par le Président (notamment le respect du cadre institutionnel actuel et l'organisation par les institutions en place). L'ENVOL dénonce une approche qui fausse l'équité :

  • Égalité des parties : Pour l'ENVOL, un dialogue ne peut réussir que si les participants sont traités sur un pied d'égalité, sans "maître de cérémonie" imposé.

  • Légitimité vs Légalité : Le parti souligne que le Président n'est pas l'animateur exclusif de la vie politique et que sa légitimité électorale ne lui donne pas le droit de clore unilatéralement le débat national.

3. L'ombre de 2028 et le risque de "dialogue de circonstance"

L’ENVOL met en garde contre ce qu'il appelle les « dialogues de circonstance ». Le parti craint que cette initiative ne soit qu'une manœuvre pour :

  1. Répondre aux pressions de la communauté internationale.

  2. Préparer le terrain pour l'échéance électorale de 2028 sans opérer de réformes de fond (CENI, Cour Constitutionnelle, loi électorale).

Les exigences de l'ENVOL pour une participation

Le parti de Delly Sesanga ne ferme pas totalement la porte, mais exige un changement radical de logiciel :

  • Facilitation indépendante : Une médiation neutre et acceptée par tous.

  • Inclusivité réelle : Aucune voix dissidente ne doit être écartée au nom de "l'ordre constitutionnel".

  • Garanties de mise en œuvre : Un mécanisme contraignant pour appliquer les résolutions qui sortiront des discussions.

L'analyse de la rédaction

Le refus de l'ENVOL d'adhérer à l'approche "sous conditions" de Félix Tshisekedi illustre la difficulté de construire un consensus en RDC. En exigeant un cadre concerté dès la phase préparatoire, l'opposition cherche à éviter le piège d'un forum qui ne ferait que valider les positions du pouvoir en place.

Gilbert Kabongo

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