1. La version de l’AFC/M23 : "Neutraliser les frappes aériennes"
La direction de l'Alliance Fleuve Congo (AFC) justifie son intérêt pour l'aéroport de Bangoka en le présentant comme le cerveau opérationnel des attaques aériennes menées dans l'Est.
Cible : Le centre de commandement et de pilotage des drones de combat.
Argumentaire : Selon les rebelles, ces appareils seraient responsables de bombardements dans des zones civiles sous leur contrôle. Cette "surveillance" serait donc une mesure de contre-espionnage visant à prévenir de futures frappes.
2. La version des Autorités : Attaque terroriste déjouée
Le discours du gouvernement et des autorités provinciales de la Tshopo est diamétralement opposé. Pour Kinshasa, il ne s'agit pas de "surveillance", mais d'une tentative d'agression caractérisée contre une infrastructure civile et souveraine.
Bilan de la nuit du 31 janvier : L'armée congolaise affirme avoir intercepté et neutralisé 8 drones kamikazeschargés de munitions qui se dirigeaient vers la piste de Bangoka.
Soutien extérieur : Le gouvernement central réitère ses accusations contre le Rwanda, présenté comme le parrain technique et logistique de l'AFC/M23 pour ce type d'opérations sophistiquées.
3. L'Aéroport de Bangoka : Un enjeu stratégique majeur
L'aéroport de Kisangani joue désormais un rôle hybride dans le conflit actuel :
Hub Civil : Point d'entrée vital pour l'aide humanitaire et le commerce vers le Nord et l'Est.
Base Avancée : Site de stationnement pour les chasseurs Sukhoi-25 et les nouveaux drones d'attaque des FARDC, en raison de sa position géographique centrale offrant une plus grande marge de manœuvre que les aéroports de Goma ou Bukavu, trop proches des lignes de front.
Analyse : La guerre technologique s'intensifie
Cette séquence marque un tournant dans le conflit. L'utilisation de drones kamikazes par les rebelles et la capacité d'interception des FARDC témoignent d'une montée en puissance technologique. En ciblant Bangoka, l'AFC/M23 cherche à paralyser l'avantage aérien du gouvernement, tandis que Kinshasa renforce ses systèmes de défense antiaérienne pour protéger ses actifs stratégiques.
Gilbert Kabongo

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